Les sportifs de haut niveau sont souvent placés sur un piédestal et bénéficient d’une impunité certaine. Ils suscitent une grande admiration qui peut aller jusqu’à excuser des comportements problématiques. C’est encore ce que l’on a pu voir lors de la compétition olympique de danse sur glace.
Le 11 février 2026, le couple français (Guillaume Cizeron et Laurence Fournier-Beaudry) devient champion olympique de patinage artistique sur la glace à Milano Cortina (Italie). Il devance le couple américain, qui décroche l'argent. Les réactions états-uniennes ne se sont pas faites attendre. La patineuse argentée critique la notation des juges, notamment du Français, qui leur a attribué la note la plus haute, donnant lieu à la création d’une pétition sur change.org qui a atteint 21 840 signatures pour demander plus de transparence. Sur CBS, elle explique “[qu’il est] important pour les patineurs que les juges soient vérifiés et revus pour être certain qu’ils donnent aussi le meilleur d’eux-mêmes”. Le jour-même, la journaliste de sport Christine Brennan signe un éditorial très engagé sur USA Today qui s’ouvre ainsi : « Quel terrible message le sport du patinage artistique qui vient d'être envoyé aux survivants d'abus sexuels et aux victimes, et aux parents qui veulent que leurs enfants participent à un sport sûr ». Elle y dénonce le fait que Guillaume Cizeron ait obtenu deux médailles d’or malgré le comportement problématique décrit par son ancienne partenaire Gabriella Papadakis. Elle relève également la complicité entre le couple français et Nikolaj Sorensen, actuel compagnon de Laurence Fournier-Beaudry, suspendu pour “maltraitance sexuelle”. En clair, elle est révoltée car apparemment, l’extra-sportif ne compte pas, les violences sont minimisées et elle termine ainsi: “C’était une triste soirée pour [le couple américain], et une soirée encore plus triste pour leur sport”. C’est Christine Brennan qui a recueilli le témoignage de la patineuse qui accuse Sorensen de violences et l’a publiée en janvier 2024.




