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No one is illegal

Renée Nicole Good avait 37 ans, elle vivait dans le Minnesota et, le 7 janvier 2026, elle a été abattue en pleine rue par un agent de l’ICE, l’agence fédérale des douanes et de l’immigration aux Etats-Unis.

Léa Chamboncel

16 janv.

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No one is illegal

Renée Nicole Good avait 37 ans, elle vivait dans le Minnesota et, le 7 janvier 2026, elle a été abattue en pleine rue par un agent de l’ICE, l’agence fédérale des douanes et de l’immigration aux Etats-Unis.

Léa Chamboncel

16 janv.

Renée Nicole Good avait 37 ans, elle vivait dans le Minnesota et, le 7 janvier 2026, elle a été abattue en pleine rue par un agent de l’ICE, l’agence fédérale des douanes et de l’immigration aux Etats-Unis. Cet assassinat, largement documenté, a déclenché des manifestations massives dans plusieurs villes du pays. 

La mort de Renée Good survient dans un contexte où l’ICE est accusée depuis des années d’excès de pouvoir et de dérive sécuritaire. L’agence opère comme une police fédérale parallèle, dotée d’armes, de centres de détention, de pouvoirs d’arrestation, et d’une culture institutionnelle marquée par l’opacité et les violences. 

Là encore, les femmes paient un prix particulier. The Intercept a révélé en 2018 que plus de 1 200 plaintes pour violences sexuelles ont été déposées contre des agents d’ICE entre 2010 et 2017, dont l’immense majorité n’a abouti à aucune sanction. De nombreuses ONG ont dénoncé les conditions dangereuses imposées à des femmes enceintes en détention, privées parfois de soins essentiels ou placées en isolement. Et en 2020, un scandale a éclaté lorsqu’une infirmière lanceuse d’alerte a révélé des cas de stérilisation forcée dans un centre ICE de Géorgie. 

Même si Renée Nicole Good n’était pas en situation de migration, elle a été tuée par une agence dont les méthodes sont historiquement dirigées contre les personnes migrantes, en particulier les personnes non blanches et en situation de vulnérabilité. Son assassinat rappelle que la violence migratoire est partout. 

Le slogan “No one is illegal”, massivement scandé dans les marches qui ont suivi sa mort, prend alors une dimension nouvelle. Il ne s’agit pas seulement de rappeler que personne ne devrait être réduit à un statut juridique. Il s’agit de dénoncer un appareil d’État devenu si puissant, si armé, si peu contrôlé, qu’il tue sans impunité. Ce slogan devient un diagnostic féministe : ce ne sont pas les individus qui sont “illégaux”, ce sont les systèmes de domination qui fabriquent l’illégitimité pour mieux la réprimer.

Rendre femmage à Renée Nicole Good, c’est saluer la mémoire d’une femme qui n’aurait jamais dû mourir ainsi, mais aussi de tout·es celles et ceux dont les noms se perdent dans les angles morts des politiques migratoires. Les disparu·es, les personnes enfermées dans des centres de rétention, les travailleuses domestiques menacées d’expulsion, les mères et pères séparé·es de leurs enfants à la frontière... Ce continuum de violence n’a rien d’abstrait : il est administratif, policier, politique.

Alors oui le nom de Renée Nicole Good doit rester à jamais dans notre mémoire afin de dire que la frontière tue, même lorsqu’il n’y en a pas. Mais aussi afin d’affirmer que tant que des agences étatiques armées pourront abattre des civil·es, nous aurons le devoir de répéter, encore et encore que personne n’est illégal·e. 

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