Avant d’en arriver à des actions considérées comme du sabotage, il y a eu des centaines de marches climatiques pacifistes dans le monde inspirées par Greta Thunberg. Celles-ci sont restées lettre morte auprès des gouvernements. Pire, les protestations à Sainte-Soline en 2023 ont été considérés comme de l’”éco-terrorisme”.
La désobéissance civile environnementale s’inscrit dans une longue histoire. Pourtant, on peut fixer la naissance de l’écoterrorisme vers le milieu des années 1960 en Angleterre, avec des groupes activistes opposés à la chasse. Le groupe le plus connu est probablement le Hunt Saboteurs Association (HSA) fondé par John Prestige à Brixham en Angleterre. Ce groupe avait essentiellement pour objectif de nuire aux chasseurs en utilisant des sifflets pour faire fuir les animaux, laissant de fausses pistes, installant des clôtures, etc. Tout cela, dans l’objectif de nuire aux chasseurs.
En France, de 1971 à 1981, l’extension d’un camp militaire sur le causse du Larzac fut à l’origine d’un énorme mouvement de désobéissance civile non violente. Entre 60 000 et 100 000 personnes de différents courants convergèrent vers le Larzac pour soutenir les paysan·e·s et former un mouvement hétéroclite. Plusieurs actions seront retenues durant cette décennie de lutte comme les 22 militant·e·s et paysan·e·s qui se sont infiltré·e·s dans le camp militaire pour y détruire 500 dossiers relatifs à l'enquête parcellaire avant expropriation. Ou encore, en riposte à la signature des arrêtés d’expropriation des terrains, 150 tracteurs agricoles et 5000 personnes vont labourer les terrains de l’armée. José Bové s’inspira du Larzac 10 plus tard lorsqu’il lança des fauchages de champs de maïs OGM, détruisit des stocks de semences génétiquement modifiées ou encore pris part au démontage d’un Mac Donald, symbole de la malbouffe et du capitalisme.
Le Larzac sera aussi un symbole féministe lorsque le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la cotraception (MLAC) prit part à la résitance en 1974. Le liberté sexuelle s’installe sur le plateau. Cette convergence fut un des premiers pas de la démonstration que les luttes environnementales et féministes sont communes. L’écoféminisme fera son émergence.



