Elle a 51 ans, elle vit dans une commune de 544 habitant·es en Seine-et-Marne. Depuis douze ans, elle est première adjointe au maire. Sa candidature pour prendre la tête de la liste sortante aux prochaines municipales semblait donc presque naturelle. Jusqu’au moment où l’un de ses colistiers a suggéré qu’il serait peut-être préférable qu’il se présente à sa place. La raison ? Les habitant·es du village préféreraient sûrement voter pour un homme, le niveau zéro de l’argumentaire misogyne.
Après plusieurs semaines de discussions animées, elle a tenu bon. Et tout indique qu’elle deviendra bientôt la maire de cette petite commune.
Son histoire dit beaucoup de la politique locale française, au moment où les règles du jeu viennent de changer. Pour les élections municipales de 2026, la parité sera pour la première fois étendue aux communes de moins de 1 000 habitant·es. Une réforme importante, car ces communes représentent 24 864 collectivités sur les 34 875 que compte la France. Autrement dit, la grande majorité des municipalités.
Jusqu’ici, ces petites communes échappaient à l’obligation de constituer des listes paritaires. Résultat : les femmes y étaient nettement moins nombreuses dans les conseils municipaux. Dans les communes de plus de 1 000 habitant·es, où la parité est imposée depuis longtemps, elles représentent 49 % des conseillères municipales. Dans les communes plus petites, elles n’étaient que 38 %.
L’extension de la loi devrait donc mécaniquement faire entrer beaucoup plus de femmes dans les conseils municipaux à partir de 2026, mais cela ne signifie pas forcément qu’elles dirigeront davantage de communes.






