Est-il utile de le rappeler, il ne fait pas bon être une femme sous un régime fasciste, de quelque nature qu’il soit. La polarisation des genres étant une des composantes de la société fasciste, les hommes sont forts, virils et bagarreurs, là où les femmes n’ont d’autre rôle que celui de la reproduction et de la maternité. Elles sont donc censées être douces, maternelles, modestes et de vaillantes gardiennes de l’ordre établi.
Pourtant certaines s’y sont frottées, y ont même joué un rôle important comme Margherita Sarfatti en Italie, aussi appelée la “Muse du Duce” ou encore Leni Riefensthal, la maîtresse d’Hitler qui s’est servi de son art, notamment le cinéma, à des fins de propagandes redoutablement efficaces.
L’histoire de Mary Rileigh Richardson, dite “Mary la Casseuse”, moins connue, n’en est pas moins assez éloquente. Née en 1889 au Canada, elle s’installe rapidement en Angleterre où elle milite avec les suffragettes pour l’obtention du droit de vote entre les années 1910 et 1920. C’est le vendredi noir de 1910 et la violente répression policière contre les militantes féministes qui la poussent à l’action. Elle est arrêtée neuf fois en deux ans, et fait une grève de la faim. Le 10 mars 1914, elle lacère La Vénus au miroir, le tableau de Velasquez à la National Gallery. On dénombre pas moins de 7 entailles sur la toile. C’est cette radicalité et son “énergie” en manifestation qui lui vaut le surnom de “Mary la Casseuse”. Son CV féministe est plutôt irréprochable, si l’on y ajoute le fait qu’elle se soit présentée par 4 fois aux éléctions législatives sous la banière du parti travailliste en 1922, 1924, 1926, 1931.

