En 2017, elle a été l’une des premières avocates présente à l’aéroport JFK (New York) lors de la mise en œuvre du décret anti-immigration de 2017 visant les pays musulmans, où elle a contribué à la création d’une coalition pour gérer l’arrivée des nouveaux immigrants à New-York. Son travail a notamment permis de coordonner l’arrivée des alliés afghans après la prise de pouvoir des talibans. Elle nous livre son point de vue sur la situation actuelle de la gestion de l’immigration aux Etats-Unis.
Propos recueillis par Clothilde Le Coz
De quoi la politique de Trump est-elle le nom selon toi ?
Pour moi, ce que nous vivons aux Etats-Unis aujourd’hui s’apparente à une descente vers une forme dictature que l’on a pu voir dans arriver ces cinquante dernières années en Amérique du Sud ou en Asie. Il existe une volonté de réduire la dissidence au silence, en toute impunité et avec une satisfaction certaine. Aujourd’hui, notre gouvernement est en guerre contre ses propres citoyen·nes et les forces d’immigration sont les plus simples à contrôler pour le Président.
Depuis octobre 2024, au moins 38 personnes sont mortes en détention aux mains de ICE. On parle particulièrement de Renée Good et Alex Pretti car ils étaient blancs, mais n’oublions pas les autres. Parmi elles, au moins 1 a été tuée délibérément – le médecin légiste qui a conclu à un meurtre. Cette politique de répression n’est pas cachée. Le gouvernement déclare ouvertement que les états démocrates sont visés, car ils sont opposés à la politique de Trump.
Peut-on comparer ICE à une sorte de milice qui agit en toute impunité, sous contrôle du gouvernement ?
À l'origine, une loi a été votée en 2002 pour créer le Department of Homeland Security (DHS) après les attentats du 11 septembre 2001. Il s'agit d'une sorte de grand ministère de l'Intérieur dont fait partie ICE comme agence administrative chargée de placer en détention les personnes qui enfreignent les lois sur l'immigration – mais pas les citoyens, bien qu'on ait pu constater le contraire. Relevant du droit administratif, les personnes détenues par ICE n'ont pas accès à un avocat ni à aucune forme de défense.
Depuis quelque temps, cette agence a connu un véritable changement idéologique dans la perception de son mandat, ce qui a poussé plusieurs personnes à la quitter – en plus des licenciements opérés par DOGE. Aujourd'hui, je ne peux plus communiquer avec certaines d'entre elles car nous soupçonnons que nos messages sont surveillés.



