Dans le sillage de #MeToo et au milieu des affaires Epstein, Pélicot ou encore French Bukkake, notre sexualité apparaît comme un champ de ruines. Et même si toutes les femmes ne sont pas sédatées par leur conjoint puis offertes en pâture à une centaine d’hommes, nous sommes nombreuses à nous interroger : entre la charge affective, le coût de la séduction, les sempiternels scripts relationnels, les violences — de quelque nature qu’elles soient — tout ceci en vaut-il vraiment la peine ?
Cette interrogation n’est d’ailleurs pas neuve : elle traverse l’histoire du féminisme. Une égalité sexuelle entre les hommes et les femmes sera-t-elle jamais possible ? Et pour y parvenir, quelle stratégie adopter : faire sécession et renoncer aux hommes, comme le prônaient Monique Wittig et, plus récemment, Ovidie ? Ou bien le salut passerait-il, au contraire, par une sexualité conquérante et totalement libre, semblable à celle des hommes (ou, du moins, à ce que nous croyons qu’elle est) ?
Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes femmes traumatisées par les violences et les abus, ou tout simplement épuisées d’affronter des normes ahurissantes, sont tentées de renoncer au couple. Les Américain·es ont même inventé un mot qui fait son chemin en France : l’hétérofatalisme. Et ce constat n’a rien de surprenant ; il paraît même, à l’aune de l’actualité, frappé au coin du bon sens.

