Dans un article de Libération datant de 2018, le mot « carbofascisme » apparaît pour la première fois dans une tribune du chercheur Jean-Baptiste Fressoz. Celui-ci est historien des sciences, des techniques et de l’environnement au CNRS et publie en 2024 « Sans transition. Une nouvelle histoire de l’énergie » (Paris, Le Seuil). Greenpeace, reprend sa définition pour définir le carbofascisme : « il définit les partis et les dirigeant·es mettant en place des politiques autoritaires, usant d’une rhétorique nationaliste, voire raciste, et méprisant les enjeux écologiques au point de mettre en œuvre des politiques ouvertement écocides ». Cette définition fait écho à l’appropriation des enjeux de souveraineté, de contrôle, de pouvoir des ressources naturelles.
Le carbofascime se décline par plusieurs actions : climato scepticisme ou inaction climatique assumée, protection des intérêts fossiles et des intérêts des industries carbonées du pétrole, du gaz et du charbon, répression des mouvements écologistes ou la hiérarchisation des vies à protéger (le « nous » avant « eux »).
Au niveau de la politique internationale américaine, le carbofascime se manifeste par les différentes attaques lancées par Donald Trump, à commencer par l’hallucinante opération militaire opérée au Vénézuela. Loin de la lutte contre le narcotrafic qui justifia l’enlèvement de Maduro, les intérêts américains sont imposés au Venezuela par le contrôle du pétrole. Le pétrole représente 90% des recettes d'exportation de ce pays qui possède les plus importantes réserves de pétrole prouvées au monde. Mais le pétrole situé dans le sous-sol vénézuélien est pour l'essentiel de "l'extra-lourd". Pour l'extraire il faut le chauffer (pour le fluidifier), et donc avoir du gaz, donc créer des gazoducs, et des infrastructures d'évacuation, et tout cela au milieu de la jungle. Cette opération aurait pour résultat un drame environnemental et une augmentation de la déforestation.


