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Bélem Gender Action Plan

À Bélem ce 22 novembre 2025, la COP30 s’est clôturée avec un accord décevant, sans plan de sortie des énergies fossiles. Pour autant, des petites avancées ont eu lieu, notamment concernant les pays les plus vénérables et les femmes.

Illustration d'Amandine Richaud Crambes

Amandine Richaud-Crambes

25 nov.

crowd of people rallying during daytime
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Bélem Gender Action Plan

À Bélem ce 22 novembre 2025, la COP30 s’est clôturée avec un accord décevant, sans plan de sortie des énergies fossiles. Pour autant, des petites avancées ont eu lieu, notamment concernant les pays les plus vénérables et les femmes.

Illustration d'Amandine Richaud Crambes

Amandine Richaud-Crambes

25 nov.

Partout dans le monde, les femmes sont en première ligne du changement climatique : elles représentent la majorité des déplacé·es climatiques, subissent plus durement les catastrophes naturelles et les inégalités qu’elles aggravent, notamment dans les tâches du quotidien (eau, agriculture, protection). Elles subissent également plus de violence et de VSS lors de crises. Par exemple, après l’ouragan Katrina aux États-Unis, les violences envers les femmes hébergées dans des abris ont triplé. En France, lors de la tempête Xynthia, les femmes de plus de 60 ans représentaient, à elles seules, 44 % des victimes. La canicule de 2003 a entraîné une surmortalité de plus de 70 % chez les femmes, contre 40 % chez les hommes.

Malgré ces faits alarmants, une nouvelle est passée inaperçue dans les médias dominants, obsédés par le pétrole et le capitalisme vert. Une petite révolution a eu lieu du côté des femmes. Ana Carolina Querino, Représentante d'ONU Femmes au Brésil, a souligné un message qui a résonné tout au long de la COP30 : « Il n'y a pas de justice climatique sans égalité des sexes ». Ce message a été partiellement entendu. En effet, la Conférence des Parties (COP30) a franchi une étape décisive pour l'intégration du genre dans les politiques climatiques mondiales avec l'adoption du Plan d'action sur le genre de Belém (GAP). Ce nouveau plan place explicitement l'égalité femmes-hommes au cœur de l'action climatique et donne une feuille de route pour les 10 prochaines années. Mais son succès dépendra de la mise en œuvre opérationnelle et de la nécessité de moyens financiers définis. Ainsi, ONU Femmes relève que le texte adopté intègre plusieurs dimensions essentielles notamment la santé, fortement impactée par les crises climatiques, la violence à l'égard des femmes et des filles, qui augmente lors des catastrophes et déplacements, la protection des femmes défenseures de l'environnement, la reconnaissance du travail de soins et du besoin de ressources pour une transition socialement juste ainsi que la création d'emplois décents dans les secteurs liés au climat.

Comme pour toute avancée féministe, les forces réactionnaires masculines entrent en jeu. Si l'adoption du Plan constitue une avancée importante, plusieurs Etats, dont l’Argentine, la Russie, l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Égypte ou le Vatican ont tenu à bloquer le texte en niant toute reconnaissance des personnes trans et non-binaires et en ajoutant leurs propres définitions du sexe biologique. Car c’est bien du genre dont le plan d’action parle et non de sexe, là aussi un progrès.

La plupart des pays reconnaissent la vulnérabilité disproportionnée des femmes face aux changements climatiques, mais rares sont ceux qui reconnaissent leur contribution aux solutions climatiques ou qui adoptent une approche globale pour lutter contre les inégalités de genre. Les femmes et les filles, pourtant leaders dans la lutte contre le changement climatique, ne se retrouvent pas autour de la table des décideurs. Parmi les problèmes persistants, on peut citer la représentation incohérente des femmes dans les processus de la CCNUCC et les délégations à la COP.

Le Gender Climate Tracker montre que depuis 2008, aucune COP n'a atteint une représentation et une participation égales des genres dans les délégations. À la COP29, seulement 35 % des délégués étaient des femmes, montrant qu’il existe des obstacles systémiques à l’égalité dans les négociations sur le climat.

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